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Parabol des ouvriers

Matthieu 20 :1-16

Le 27 janvier 2018

Saint-Servais

Mgr Pierre Whalon

 

Parabole des puvriers

 

20 Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure[a], et il en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure[b] et vers la neuvième[c], et il fit de même. Etant sorti vers la onzième heure[d], il en trouva d’autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire? Ils lui répondirent : C’est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. 10 Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage ; mais ils reçurent aussi chacun un denier. 11 En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, 12 et dirent : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur. 13 Il répondit à l’un d’eux : Mon ami, je ne te fais pas tort ; n’as-tu pas convenu avec moi d’un denier ? 14 Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. 15 Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? 16 Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.

 

 

« Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » Il est coutume que le célébrant de la messe rentre toujours dans l’église en dernier, pour montrer que c’est le « premier ». Mais cette parabole n’est pas une instruction liturgique, bien sûr : c’est une profonde analyse de la grâce de Dieu.

 

Les premiers ouvriers loués se plaignent de l’injustice du maître : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur. » La grâce de Dieu est comme ça : elle semble injuste, car elle ne traite pas selon le mérite, mais selon la volonté de Dieu : « Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? »

 

Nous tous de la race humaine, nous faisons partie de la création, qui appartient au Seigneur, et par qui tout a été créé. Dieu peut faire donc ce qu’il veut de nous. Mais en fait, lorsque Dieu a créé l’univers, il a pris une décision a priori, c’est-à-dire, de se limiter, comme dit le grand théologien Richard Hooker. Cette limite est la condition au préalable pour la possibilité de créer une réalité « en dehors » de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Et il s’en suit que lorsque Dieu a voulu nous sauver, il devait aussi quitter son pouvoir. « Jésus s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, dit St Paul aux Philippiens, en devenant semblable aux hommes ; et il a paru comme un vrai homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » (2.7-8)

 

Pourquoi ? Ce geste divin sublime, c’est pour nous, pour vous et pour moi, que la Sainte Trinité l’a fait. Nous l’appelons « Incarnation ». C’est le signe ultime de l’amour que porte Dieu en son cœur pour nous. Et nous l’apercevons surtout sur la croix de Jésus-Christ. L’innocent prend sur lui-même la culpabilité des autres. En mourant, il nous donne la vie. En sa résurrection, il nous offre la vie éternelle.

 

Ceci n’a rien à faire avec notre système de justice, qui est dépassé de loin, très loin. Car les ouvriers de la parabole ont bien raison : ils ont trimé toute la journée, alors que ceux qui n’ont travaillé qu’une heure reçoivent le même salaire. En France, on serait déjà en grève. Mais le geste du maître nous montre à nouveau quel est le sens de l’incarnation et de la croix : alors que nous étions ses ennemis, comme dit St Paul aux Romains, il est mort pour nous (5.6).

 

Une autre parabole que tout le monde connaît : celle du Fils prodigue ou perdu. Nous nous rappelons comment le fils revient à son père, qui ne le laisse même pas s’excuser tant qu’il l’embrasse et le recouvre d’anneau, de chape, et d’une fête. Le frère aîné parle pour nous : c’est injuste ! Le fils prodigue et les ouvriers de la dernière heure sont les mêmes : la grâce de Dieu leur est donné sans exigence de contrepartie.

 

Mes sœurs et frères, cette même faveur de Dieu est aussi vôtre. La générosité du pardon et de l’accueil, l’amplitude des dons, la miséricorde divine, toutes dépassent ce que nous pouvons demander ou imaginer. Nous n’avons qu’un choix : accepter ou rejeter. Rejeter car ce n’est pas juste. Rejeter car une telle bonté doit aussi avoir un coût caché quelque part. Rejeter parce qu’accepter serait renoncer à une prétendue indépendance.

 

Il y a toutes sortes de raisons bidons pour ce rejet. Il n’y a qu’une raison d’accepter. Noël c’était il y a à peine un mois : qui a refusé ses cadeaux ? Qui a dit, « je ne le mérite pas » ? Qui avait peur qu’il y eût une possibilité de chantage en acceptant ? Personne.

 

Nous avons accepté nos cadeaux de Noël pour la raison que l’on nous les avait offerts. Par amour. Simplement parce que je suis ce que je suis, et pas plus. Le pardon et la bénédiction de Dieu nous sont offerts parce que vous êtes qui vous êtes, tels que vous êtes.

 

Injuste ? Oh oui, et comment ! Mais qu’une telle injustice me soit faite tous les jours de ma vie, et de la vôtre.

 

Amen.

 


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